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Portail Roddick de l'Université McGill, 1937, VM94-Z163-3

Portail Roddick de l'Université McGill, 1937, VM94-Z163-3

Image tirée de Google Street View, 2011

Image tirée de Google Street View, 2011

Notre septième chronique Montréal passé et présent présente le portail Roddick à l’entrée du campus de l’Université McGill, rue Sherbrooke. L’image d’hier nous offre une vision bucolique de l’université avec une automobile ancienne côtoyant une calèche à l’avant-plan, les nombreux arbres protégeant les étudiants de la cohue de la rue Sherbrooke et le mont Royal que l’on distingue parfaitement à l’arrière-plan. Le même endroit, vu en 2011, nous rappelle brutalement que cette université est en plein cœur de la Ville de Montréal. Adieu, l’aspect champêtre, bienvenue dans la modernité! Non seulement les arbres semblent devenus rachitiques, mais les nouvelles constructions nous empêchent de remarquer que l’université est située au pied de la montagne. Voitures en grand nombre et pelle mécanique apparaissent beaucoup moins pittoresques que cheval et automobile ancienne!

Quelle est l’origine du portail que l’on voit à l’entrée de l’université? Combien de fois sommes-nous passés devant sans y prêter attention? Vers quel sujet d’histoire un élément d’architecture urbaine peut-il nous conduire? Pour le portail, il permet d’évoquer rien de moins que l’évolution de la pratique médicale à Montréal et en Amérique du Nord. Ce portail a, en effet, été payé par la veuve de Sir Thomas Georges Roddick qui fut attaché à l’Université McGill tout d’abord comme maître de conférence en hygiène (1873), démonstrateur d’anatomie (1874), professeur de chirurgie (1890) et, finalement, doyen (1901). À sa retraite, en 1907, il ne quitte pas tout à fait McGill, car il est nommé membre à vie du conseil d’administration. Parallèlement, il a aussi été membre ou dirigeant d’une multitude d’organismes ou d’hôpitaux et a même été député fédéral pendant un certain temps. Il a, de plus, reçu nombre de distinctions honorifiques, dont le titre de chevalier.

De toutes ses activités, celle qui lui a permis de connaître une aussi grande renommée est sans conteste son travail concernant l’antisepsie. Encore au XIXe siècle, une grande partie de patients subissant des chirurgies décèdent non pas du choc postopératoire, mais bien de complications liées aux infections. C’est pourquoi Roddick retourne à Édimbourg en 1877 (où il avait déjà étudié en 1872) auprès de Joseph Lister, le découvreur de l’antisepsie, pour se spécialiser en la matière. De retour à Montréal, il appliques rigoureusement ces méthodes dans son cabinet, de sorte qu’en à peine deux ans, le taux de décès postopératoire diminue radicalement, passant de 50 % à seulement 3,2 %. Ces résultats l’incitent à promouvoir l’antisepsie non seulement à Montréal, mais partout au Canada et en Amérique du Nord. C’est donc en partie grâce à lui si, de nos jours, nous pouvons espérer avoir une bonne chance de survie après une chirurgie. Ainsi, lorsque vous passerez désormais auprès de ce portail, ayez une pensée pour celui qui lui a donné son nom!

Une collaboration spéciale de Christine Benoît, stagiaire à la Section des archives

Sources :

Roddick, Sir Thomas Georges. Dictionnaire biographique du Canada. http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=8347 (Consultée le 22 février 2012).

Le portail Roddick et la loge du portier (démolie). McGill virtuel. http://cac.mcgill.ca/campus/buildings/Roddick_Gates_Gatehouse_fr.html (Consultée le 22 février 2012).

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